J'ai posté précédemment un article sur la construction de ce genre d'établi , mais j’en ai fait un d’un autre genre pour mon ami Roland
et, cette fois, en faisant une vidéo. Et je me suis aussi dit qu’il
serait intéressant de faire un pas-à-pas détaillé de la construction en
utilisant des images de la vidéo.
Pour bien vous montrer que vous n’avez pas besoin d’un atelier
rempli d’outils pour cela, je n’ai utilisé qu’un WorkMate, un scie
circulaire premier prix, une perceuse à main, quelques serre-joints,
une équerre et un ciseau à bois.
Avoir des coupes bien perpendiculaires est très important. Je me suis fabriqué
une simple équerre en T en collant une chute de contreplaqué sur une
autre chute de bois. Fixée sur du 2x4 donne une bonne assise pour la
scie.
Le
guide se termine exactement là où la scie coupe, ainsi il n’y a qu’à se
préoccuper de placer l’extrémité du guide là où la coupe doit être
faite.
Avec le guide fixé sur le 2x4, j’ai les deux mains libres pour guider la scie.
Je fixe les montants verticaux aux traverses par des tourillons. Ici,
j’utilise des chutes de bois pour positionner le montant contre
l’extrémité de la traverse.
J’ajoute aussi quelques vis sur les assemblages (je ne l’avais pas fait sur ma
dernière réalisation, mais ces vis facilitent la construction). Les vis
maintiennent les assemblages lors du perçage des trous pour les
tourillons. Je pré-perce à 4mm pour les vis de 3 pouces pour cloisons
sèches. Je place mon foret dans une cale pour ne percer que la traverse
2x4.
Après le pré-perçage, je fixe deux vis à placo de 3 pouces.
Les
vis en place, je perce deux trous de 5/8’’ (16mm) pour les chevilles.
Comme je perce à travers les deux pièces à la fois, les trous seront
alignés, même si je perce un peu de travers.
Pour gagner en profondeur avec la mèche, je ne l’insère que partiellement dans le mandrin.
Avant de coller les chevilles, je démonte le joint et encolle les surfaces de
contact. Je ne suis pas sûr que ça améliore beaucoup les choses, mais
ça ne peut pas nuire !
J’ai utilisé un fin morceau de bois pour enduire de colle les trous et les
tourillons. Les chevilles sont ensuite introduites dans les trous et
comme l’ajustement est serré, j’utilise un marteau.
Deux traverses fixées sur un montant et l’autre montant déjà percé. Là,
j’enduis de colle les plans de joints avant l’assemblage final et le
chevillage.
L’excès
de colle est très salissant. Le mieux est de le frotter avec de la
sciure de bois qui absorbe la colle et l’empêche de tout
barbouiller.
Un ciseau à bois est bien utile pour gratter la sciure imbibée de colle et pour
affleurer les chevilles si nécessaire.
Le
chevillage est la partie la plus délicate de la construction. Si vous
voulez l’éviter, je vous recommande d’utiliser 4 ou 6 vis de 3’’ ou
3,5’’ au lieu de 2 vis et 2 chevilles. Percez un trou de 4mm pour la
tête et un pré-perçage de 2,5mm pour éviter que les nombreuses vis ne
fendent le bois.
Le piétement terminé, procéder à un montage à blanc.
Ensuite
je dois faire des entailles dans les grandes traverses. Ces entailles
ne sont pas vraiment nécessaires, mais assureront une liaison plus
solide avec les pieds.
Je règle ma scie circulaire pour entailler le tiers environ des traverses.
Deux lignes marquent l’endroit où les entailles doivent être faites. Je
place mon guide en retrait de la première ligne pour tenir compte de
l’épaisseur de la lame car je veux couper l’autre coté sur la ligne.
Je fais une coupe de chaque coté avec mon guide, puis une série à main levée dans l’intervalle.
J’utilise un marteau pour éliminer le plus gros du bois entre les entailles...
... Puis je rectifie le fond de l’entaille au ciseau. Un outil bien affuté facilite le travail.
Je coupe aussi les coins inférieurs des traverses à 45°, surtout pour l’esthétique : tracé à l’équerre mais coupé à main levée.
Pour faciliter l’assemblage du plateau de l’établi, je colle quelques
morceaux de tasseaux 4x4x20cm aux traverses. Je les taille dans une
chute de 5x10cm.
Vous pouvez également utiliser des
trous borgnes pour fixer le plateau, mais je n’ai pas les outils sous
la main. Ajouter des cales a été plus facile.
Ensuite, pré-percez les trous de fixation des traverses. J’utilise une mèche de 4mm.
Vissez maintenant les traverses. Bien plus facile avec l’établi couché sur le coté !
Il
m’a été suggéré d’entailler une partie des pieds pour former un
épaulement pour aider à fixer les traverses. Mais ça ne ferait que
compliquer la construction tout en fragilisant les joints en en
enlevant une partie. Je trouve que les vis supportent très bien la
charge verticale.
Enfin, vissez le plateau du dessous.
Le plateau est une vieille porte en bois, de celles des années 50,
quand on utilisait encore du contreplaqué de 6mm pour les cotés. C’est
assez lourd et suffisamment solide pour fixer un étau.
Les portes isoplanes sont trop fragiles pour cet usage mais les portes pleines font d’encore meilleurs plans de travail.
La dernière fois que j’en ai fabriqué un, j’ai fixé la porte par le
dessus, mais mon ami voulait mettre du contreplaqué sur la porte, alors
j’ai pensé qu’il était préférable de visser la porte par le dessous.
L’établi
livré chez mon ami Roland. Quelle différence avec un bon éclairage et
des murs terminés et peints en blanc ! J’ai bien fait de le construire
chez moi avant de le lui remettre.